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Nous sommes en novembre 2018, il y a quelques jours, des immeubles se sont effondrés rue d’Aubagne à Marseille, la ville où je vis depuis 17 ans. Je suis dans un bureau qu’on m’a prêté, dans un vieil immeuble à tommettes à quelques encablures du lieu du drame. A ce moment là, je travaille sur plusieurs projets, je suis auteur de rap et je viens de me faire escroquer 2000 € par une fausse attaché de presse, à l’occasion de la sortie, pour le coup raté, de mon troisième album… Pour autant je me souviens bien d’une période d’excitation intellectuelle, je gambergeais à plein de trucs, je venais de commencer (et j’allais mettre 1 an et 4mois à la finir) “A La Recherche du Temps Perdu” de Proust, et cette lecture m’a complètement retourné le cerveau… ça a été un choc littéraire. Moi qui avait l’impression d’être plutôt pas mauvais quand il s’agissait d’écrire, là, j’ai eu le sentiment de découvrir ce que c’était que d’ “Écrire”. J’ai été surpris dedécouvrir jusqu’où on pouvait aller dans l’immersion, dans l’exploration des panels de sensations… Proust, c’était carrément, une autre dimension… Je sais plus trop sur quoi je bossais à ce moment là mais je me souviens qu’à cette période je m’intéressais beaucoup à l’hypnose… Je m’y intéresse depuis très jeune déjà mais plus particulièrement depuis quelques temps. Au printemps j’avais suivi une formation en “Hypnose et Programmation mentale” à Aix avec l’A.R.C.H.E.

Donc ce matin là du 14 novembre 2018, je suis devant mon ordi posé sur un grand bureau, sous des plafonds très haut où une vielle odeur de tabac froid reste incrusté dans les murs, entrain d’écrire, un peu en mode brainstorming… Je suis venu très tôt, vers 5h du mat… Là, il est à peu près 9 ou 10h… A travers la fenêtre j’ai une vue plongeante sur la place de la corderie et son feu rouge très fréquenté… Soudain je repense… Aux Livres dont vous êtes le héros. Là j’ai une espèce d’ “Eureka de mémoire”… un euréka de mémoire c’est comme quand on a une idée, mais que cette idée est un souvenir. Ca n’est pas du tout passif, ça n’est pas nostalgique, c’est vraiment un truc qui surgit de la mémoire comme ça d’un coup, comme une évidence! Je revois les couvertures, sur internet, de ces livre-jeu et je me dis que le concept était quand même vraiment génial… Être le protagoniste de l’histoire qu’on lit… Alors je descend dans la rue et je vais faire à peu près toutes les librairies où on peut trouver des bouquins d’occasion pour chercher un de ces fameux livre de la collection “Folio Junior”, avec les illustration qui font peur sur la couv’. Une heure plus tard je remonte au bureau bredouille et, en moins de trois minutes, je trouve l’intégralité de ces ouvrages en pdf sur internet… (Quelle époque ! #okboomer) J’en lis alors quelques passages et ça me plonge dans plein de réminiscences. Je suis étonné de la puissance mémorielle de ce format, ou l’on doit choisir l’évolution de l’histoire à la fin de chaque paragraphe. Ça me fait gamberger à la notion d’immersion dans un monde fictif. Je repense à Proust, à ses réminiscences à lui, à son voyage temporel en esprit…

Et bim, l’idée… Elle est là, elle surgit dans mon esprit comme une arborescence qui se déploie. J’ai la nette impression d’assister en direct à l’arrivé de la plus belle idée qu’il m’ait été donné d’avoir. Un concept ou se croiserait tout ce qui m’a fait tripper jusqu’à présent. Une destination inédite pour mon envie d’écrire, un nouveau champ des possibles pour mon imagination…

Voilà l’idée que j’ai eu ce matin là :

Enregistrer des audios d’hypnose fictionnelle.

Soit, écrire, lire et enregistrer du contenu audio d’hypnose qui ne soit pas de l’hypnose thérapeutique, mais des expériences fictionnelles (des histoires) à vivre en en étant le personnage principal, en état de conscience modifié.

J’avais l’impression de faire la jonction entre deux mondes.

J’ai tout de suite eu l’intuition que j’allais m’éclater à écrire ces trucs. J’ai senti que j’allais pouvoir aller très, très loin avec ce format et que j’allais pouvoir en parler, dans des podcasts, des articles ou des interviews. L’arborescence du concept de départ se développait dans mon esprit à la manière du haricot magique.

 

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 Ce qui m’apparaissait aussi, c’est que le gros du travail allait être d’attirer l’attention sur cette proposition, que des gens me fassent suffisamment confiance pour se laisser gentiment hypnotiser et expérimentent un nouveau format de consommation de fiction… Mais à vrai dire, l’éventualité que ça ne fonctionne pas du tout ou que ça n’intéresse personne, me semblait tout à fait probable. Cela ne me rebutais pas le moins du monde. Je sentais cette idée comme prodigieuse, en toute intensité, sans me soucier du succès de son développement ultérieur.

Alors j’ai eu cette idée là le 14 novembre 2018, j’ai bien retenu la date, je sentais que cela allait m’occuper un bon bout de temps cette histoire… Et dans les semaines qui ont suivi je faisais mes premiers tests jusqu’à écrire ma toute première EOG, ma toute première “Expérience Onirique Guidée” qui ne s’appelait pas forcément comme ça encore puisque je cherchais le nom… Ensuite je l’ai enregistré, j’ai essayé plein de truc, j’ai essayé de mettre des sons en accompagnement, bref j’en ai sorti un audio que j’ai commencé à faire écouter à quelques personne dans le courant de l’année 2019. Comme j’avais encore des concerts et d’autre engagements pro, je ne pouvais me mettre plein pot dessus, mais j’ai quand même bien débroussaillé le terrain. J’ai monté ma boite, créé le site web, les pages et tout l’éditorial qui va avec, afin de décrire au mieux le concept. Et c’est ainsi qu’ Onigate est devenu publique en février 2020, juste avant d’enchainer sur le confinement… puis de sortir le Podcast de l’Onironaute, le jour même du 1er déconfinement, le 11 mai 2020.

Onigate est la contraction d’ “onirique”, qui se rapporte au monde des rêves, et de “gate”, mot anglais signifiant “passerelle”. On pourrait dire qu’Onigate est une porte d’entrée vers le monde des rêves. Sa mission est de populariser la pratique de l’hypnose, dans son approche non-thérapeutique.

Voilà comment est né Onigate. Il s’agissait de parler d’hypnose en mode ludique, en essayant d’attiser les curiosité sur ce genre de pratiques gratuites et sans-danger. Depuis sont nés des articles qui croisent les disciplines et les connaissances, de la production expériences oniriques guidées et bientôt, je l’espère, d’autres formats d’hypnose fictionnelle. Onigate, c’est un site internet, Onigate.com, pompeusement appelé “Le portail de l’hypnose fictionnelle”, un podcast qui a déjà 28 épisodes et près de 1500 écoutes effectives, 2 pages Facebook, 1 chaîne Youtube, un groupe facebook dédié au auditeurs du podcast et un container de projets d’écriture en hypnose fictionnelle qui attendent, de plus en plus impatiemment, d’être délivrés…

Pour l’instant, moins d’une quarantaine de personne ont déjà écouté une EOG et, mis-à-part quelques personne s’étant endormi dans les premières minutes, les retours qu’on m’en a fait étaient très enthousiastes. Beaucoup ont adhéré au concept et ont considéré l’idée comme potentiellement très forte.

J’ai encore beaucoup à apprendre pour donner confiance et envie au gens de se mettre un casque sur les oreilles et de consacrer 20 minutes à écouter un inconnu qui prétend nous mettre en état d’hypnose… C’est pas évident mais je sais que tôt ou tard on va pouvoir partager ça à plus grande échelle. Pour moi c’est que le début, il n’y a que 4 EOG en ligne, mais j’en ai plein en chantier, et elle vont être de mieux en mieux ! De plus, le succès du podcast, au delà de mes attentes, et le lectorat que rencontre les articles me donne chaque jour l’envie de propulser Onigate vers de nouvelles et plus vastes sphères.

L’hypnose thérapeutique est entrain d’entrer dans les mœurs, clairement. L’hypnose “artistique”, je pense, c’est pour très bientôt ! Et si un jour Audible ou Hollywood vous vend des audio d’hypnose fictionnels… Alors je serais le premier content (et je pense que j’aurais quelques compétences en la matière à faire valoir) car cela voudra dire que le format à été accepté et que les gens se le seront approprié.

Un jour les EOG auront leurs aficionados, j’en suis sûr, et je suis aussi persuadé que d’ici 4 ou 5 ans, d’autres gens écriront de l’hypnose fictionnelle et développeront des projets autour de ça.

Voilà, vous connaissez maintenant les origines de l’aventure d’Onigate, alors, à tout de suite 😉

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